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3-4 Septembre : TDR 5 – Refuge du Couvercle « Aiguille du Moine »

La météo du week-end n’est pas parfaite, avec une dégradation prévue dimanche dans l’après-midi. Qu’à cela ne tienne, on met les Gore-Tex dans le sac, on prévoit les surpantalons et une bonne doudoune et on maintient le programme.

Rendez-vous samedi matin 8h30 au départ du Montenvers pour cinq Gafeuses, Léa, Cyndie, Ioana, Sarah et moi (Marina), notre guide Julia, notre initiatrice Tanya et notre photographe Julien. Nous faisons le tour des sacs et du matos collectif, et c’est parti pour le ptit train. On en profite pour potasser l’itinéraire, charger les cartes, rêvasser en regardant les belles montagnes, …

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Dans le Train du Montenvers (Photo de Julien)

Nos premières échelles de la journée sont dans le sens de la descente pour rejoindre la Mer de Glace. Sous l’œil attentif de Julia, on s’essaye à la descente de face, sans les mains, avec plus ou moins d’aisance.

Après avoir pris pied sur le glacier, nous le remontons jusqu’aux nouvelles échelles qui permettent de monter soit à la Charpoua, soit au Couvercle. Malgré les indications limpides du topo « Au bidon rouillé prendre à gauche, et repérer un carré blanc sur la falaise », il faut quand même avoir l’œil pour repérer le début des échelles. Et on reprend l’exercice dans l’autre sens !

On rejoint alors le sentier très verdoyant qui surplombe le bout de la Mer de Glace et le début du glacier de Leschaux. Lorsqu’on atteint le col au-dessus des Egralets, le panorama s’agrandit et s’embellit encore en s’ouvrant sur le jardin et le glacier de Talèfre. Quelle vue !

Au col, au lieu de filer directement au refuge, on décide de rejoindre le pied du glacier du Moine pour repérer la partie de la course qu’on fera de nuit le lendemain matin. Sur notre chemin, entre les rochers, nous passons à côté d’un petit lac, qui fait face aux Grandes Jorasses. La chaleur de la journée, la beauté du paysage et l’élan du groupe aidant, on chasse notre photographe et on se met à l’eau, sous l’œil interloqué d’un gros bouquetin.

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Photo de Julia Virat

Comme elle est quand même trèèèès froide, on repart d’un bon pas pour le refuge, et c’est emmitouflées dans les doudounes qu’on passe à la bière en terrasse. Julien, notre photographe un peu triste d’avoir été exclu de la baignade, accepte quand même de nous donner un cours de photo. Durée d’exposition, diaphragme, ISO, vitesse d’obturation, contraste, distance focale, floutage, profondeur de champ, tout y passe !

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Photo de Julien

Après le repas, nous aurons l’honneur de goûter les liqueurs du gardien de refuge. C’est un impératif pour la course du lendemain, paraît que sans ça, on n’atteint jamais le sommet…

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Photo de Julien

Dimanche, le réveil sonne à 4h30. A 5h15, on est parti. A la frontale, on refait le chemin repéré la veille, puis on prend pied sur le glacier du Moine. On forme les cordées, et c’est parti. L’objectif de la journée est de passer chacune notre tour en tête de notre cordée, mais aussi du groupe, pour chercher l’itinéraire. Pour commencer la journée, je suis avec Léa, qui commence en tête.

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Photo de Julien

Après avoir pris pied sur le rocher, on enlève rapidement les crampons et on part en grimpant. On perd beaucoup de temps d’une part parce qu’on est un groupe, mais aussi parce qu’on cherche trop souvent à protéger notre progression avec du matériel. Julia nous reprend. On change notre encordement en ne laissant qu’une petite dizaine de mètres entre nous et en prenant des anneaux à la main pour être vraiment proches dans les parties faciles. Nos 10 m nous permettent de franchir les parties un peu plus dures l’une après l’autre en s’assurant sur des becquets. En procédant de cette façon, on ne pose plus de matos, et on est bien plus efficace. Malgré tout, on reste un groupe de 8, et du coup, on explose le timing.

La veille au refuge, entre deux liqueurs, on avait quand même pris le temps de faire le point. La météo devait virer à la pluie en milieu d’après-midi, vers 15h. On savait aussi que le dernier train au Montenvers était à 17h, et que si on le ratait, on rentrait à pied. Fortes de ces informations, nous nous étions fixées d’entamer la descente à 11h, quel que soit notre point d’arrivée.

A 11h, on n’était pas encore au sommet… Il nous restait environ 1h de montée à l’allure qu’on avait adoptée, et la météo était plutôt meilleure que prévu. On a hésité, puis finalement Julia nous a proposé de continuer en se fixant comme objectif d’aller le plus rapidement possible pendant une demi-heure et de voir jusqu’où on pouvait arriver. Proposition adoptée, on avait quand même sacrément envie de l’atteindre ce sommet…

Me voici donc en tête de groupe cette fois, encordée avec Julia. Nous filons entre les rochers. J’essaye d’aller vite, tout en trouvant mon chemin dans ce dédale. Mais je dois admettre que je ne fais pas toujours au plus simple. J’essaye de penser à lever la tête, et nous finissons par sortir au sommet. Les autres sont un peu en arrière et pendant quelques minutes nous ne sommes que toutes les deux, là, avec le massif tout autour, dans le silence. C’est vraiment beau…

Puis les filles arrivent progressivement. On s’entasse sur le rocher du sommet pour la photo, on mange un bout et on ne traîne pas pour repartir.

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Photo de Julien

La descente est longue. Comme pour la montée, on n’est pas très efficaces. Mais on ne tire aucun rappel, on essaye de descendre de face, on fait ça proprement. On arrive au refuge à 16h, et on sait depuis longtemps qu’on va rater le train du Montenvers. On prend alors le temps de manger de nouveau un bout, de faire le plein de vivres pour la descente (l’équipe du Couvercle mérite toute notre reconnaissance !), et on repart sous la pluie. Eh oui, elle a fini par arriver, plus tard que prévu certes, mais elle bien installée cette fois.

Commence alors une folle descente. On court sur le sentier pour rejoindre les échelles, qu’on descende le rapidement possible. Puis on court dans la moraine, et sur la Mer de Glace en essayant d’atteindre les échelles pour remonter au Montenvers avant la nuit.

Finalement, on les rejoint juste, et on réussit à faire la montée sans sortir les frontales. Arrivés au Montenvers, il fait nuit noire, et on est trempés, mais le sourire est toujours là ! On se remet en route sur le sentier pour descendre à Chamonix.  Dans les bois, l’obscurité est complète, on marche comme dans une bulle, dans la lumière de la frontale. Julia profite de ce long moment pour nous prendre les unes après les autres pour débriefer. Eh oui, on est debout depuis 4h30, mais on garde de l’énergie pour causer. C’est ça les filles J

On atteint la voiture à 22h… Après 17h de montagne, j’ai les pieds plats, et je commence déjà à avoir des courbatures dans les cuisses. Mais quelle expérience ! Comme après chaque sortie avec les filles, je mettrais plusieurs jours à redescendre ; la tête et le corps pleins de toutes ces émotions, de toute cette intensité, des efforts et de la beauté. Et pour la première fois, je redescendrais avec quelque chose en plus. Pour la première fois, je me suis sentie sereine tout le temps, j’ai eu l’impression de savoir ce que je faisais et pourquoi. C’est nouveau et c’est un grand bonheur !

Marina.

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